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samedi 30 octobre 2010

«Il n’y a pas de mouvement sans le rythme»

Parler…Marcher…Chanter…Moudre le riz…Forger les cloches…Couper l’arbre qui fournira la matière première au djembé…Danser…Qu’ont toutes ces choses en commun? Qu’est-ce qui les relie?? La réponse est simple: c’est le rythme. Concept indissociable de tout ce qui vit, de tout ce qui habite notre planète. Les Africains l’ont longtemps compris et chaque jour de leur vie, ils rendent grâce au rythme.

Cette vidéo en est l’exemple parfait. Un véritable petit chef-d’oeuvre, ce court-métrage illustre à merveille l’origine des rythmes en Afrique et toute leur essence qui est très profonde.

samedi 5 juin 2010

Le Dibon, rythme des oiseaux

Le Dibon (II) est un rythme joué pour les fermiers. Le Dibon représente un couple d’oiseaux, mâle et femelle, qui sont ensemble le jour et qui, la nuit, se séparent pour dormir chacun dans leur arbre. Le matin, lorsqu’ils veulent se réunir, un des oiseaux chante et l’autre lui répond. La mélodie de leur chant a été entendue par les chasseurs de l’époque pour être transposée en rythme qui, de nos jours, accompagnent les fermiers lors de leur retour des labours.

Ce rythme contient une polyrythmie absolument magnifique aux doum-doum, car le dununba et le sangban se répondent continuellement pour rappeler le chant des oiseaux. Le rythme contient aussi 7 phrases de technique pour parfaire vos solos. Voici la partition et les vidéos.

dimanche 7 mars 2010

Le Matoto, création de M. Keita pour sa grand-mère

Suite au fabuleux vidéo de Mamady Keita, j’ai décidé de repiquer le rythme Matoto afin que vous puissiez le pratiquer et mieux le comprendre. Le rythme a été créé en l’honneur de la grand-mère de Mamady et le mot Matoto représente le quartier de Conakry, capitale de la Guinée, où Mamady a grandi et où il donne annuellement son atelier de percussions.

À noter que j’ai repiqué le rythme à partir d’un support audiovisuel, il se peut que des coquilles se soient glissées à quelques endroits. Alors je fais appel à vous, percussionnistes, pour me corriger si jamais vous penser que des erreurs sont apparentes. Vous pouvez également consulter la légende des rythmes au besoin pour comprendre le symbolisme.

MISE À JOUR #2 (09-05-2010)

Ajout d’un deuxième vidéo montrant les trois doum-doum du Matoto joués simultanément, avec Mamady qui joue différentes variations du dununba.

MISE À JOUR (19-03-2010)

Deux aimables percussionnistes ayant suivi un atelier de Mamady portant sur le Matoto m'ont transmis des correctifs concernant les accompagnements de djembés ainsi que la cloche du sangban. Veuillez donc reconsulter dès maintenant la partition! Un grand merci à eux!

mercredi 3 mars 2010

Du matériel inédit de Mamady Keita!

Quoi de mieux pour relancer les mises à jour sur mon blogue que d’avoir sous la main du matériel inédit du grand maître de la percussion Mamady Keita? Et bien, je vous offre aujourd’hui une cinquantaine de minutes de rythmes, d’histoire et de pédagogie qui proviennent directement du grand maître, rien de moins! Ce matériel inédit et inestimable a été filmé par une vidéaste de France qui a assisté à l’atelier annuel donné par Mamady en juin 2008. Scindé en trois vidéos, Mamady parle de l’historique du djembé et des rythmes, présente chaque instrument, et bien entendu, il joue comme seul peut le faire, en compagnie de son épouse Monette. Voici donc pour vous ces trois vidéos de grande qualité. À voir absolument pour tous les amateurs de djembé!

jeudi 21 mai 2009

Le sökö, rythme de la circoncision

Le rythme Sökö est un magnifique rythme ternaire qui provient de la région de Faranah en Guinée. Le rythme accompagne la danse des bilakoro, ceux qui ne sont pas encore circoncis. Le sökö est souvent joué plusieurs mois avant la cérémonie de circoncision. Lorsque les vieux sages du village ont décidé de la date de la cérémonie, l’événement doit être annoncé dans le voisinage. C’est pourquoi les jeunes garçons vont de village en village pour annoncer la nouvelle. Lorsqu’ils arrivent dans un nouveau village, le rythme sökö est joué. Et lorsque les jeunes retournent à la maison, le rythme soli rapide est joué.

Voici la partition du rythme avec l’échauffement. C’est à mon avis le rythme ternaire qui possède les plus beaux accompagnements de doum-doum.

Vidéos

Veuillez ne pas prendre en considération la technique utilisée dans les vidéos. Elle est très déficiente. Ce sont les seuls vidéos que j’ai pu trouver.

Partition

Soko en plein écran

vendredi 1 mai 2009

Le Tiriba, rythme du chef de la danse

Le rythme Tiriba provient de la Guinée de l’ouest, plus précisément de l’ethnie Boke et Boffa. Dans le cours de l'histoire, la signification du rythme Tiriba a changé plusieurs fois. On peut facilement aujourd'hui distinguer trois phases. Dans sa phase originelle, le Tiriba était le chef déguisé d'une troupe de percussionnistes qu'il avait créée. De nos jours, il n'y a plus de Tiriba mais le rythme a survécu au fil du temps. Dans sa deuxième phase, le Tiriba était joué après l'initiation des jeunes filles, lorsque les mères et leurs filles dansaient ensembles. De nos jours, le Tiriba est un rythme ternaire très populaire joué dans toutes les festivités, là où les gens dansent. La partition contient les nombreux accompagnements de djembés que j’ai appris, ainsi que le fameux cassé binaire joué par Mamady Keita.

Vidéos

Partition

Tiriba en plein écran

lundi 20 avril 2009

Le N’Goron, rythme des jeunes filles

Cette semaine, voici le rythme N’Goron détaillé avec en prime deux phrases de solos provenant du maître djembéfola Soungalo Coulibaly. Le rythme est joué en l’honneur de l’initiation des jeunes filles qui dansent avec une calebasse sur la tête. Il provient du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire. Ce rythme se distingue par un accompagnement où les flams en tonique/claqués viennent donner une puissance au volume sonore.

N'Goron en plein écran

Vidéos

mardi 10 mars 2009

Le soli rapide, rythme d’initiation

Le soli rapide est un rythme ternaire magnifique qui est joué par le peuple Malinké de Guinée lors des rites d’initiation des jeunes garçons et des jeunes filles. Le rythme est joué trois mois avant le rituel, et sa fréquence augmente au fur et à mesure que la date approche, puis il est joué toute la nuit durant lors du rite. Les hommes et les femmes dansent alors aussi toute la nuit.

Il existe également une version lente du soli, le Balakulanya, où les gens plus âgés peuvent danser lors des cérémonies de mariage. Voici la partition du rythme ainsi que le solo original de Mamady Keita, composé de six phrasés absolument magnifiques qui agrémentent de merveilleuse façon les solos ternaires.

Partition

Agrandir

Vidéos

MISE À JOUR: Ajout du solo de Seny Touré (09/05/09)

MISE À JOUR #2: Ajout des accompagnements de djembé (21/05/09)

Djembés
Doum-doum

lundi 16 février 2009

Rythmes en spectacle!

Le 7 décembre dernier, mon école de percussions présentait un spectacle percussif des plus relevés au Cégep Maisonneuve. Lors de cette soirée, plusieurs rythmes africains furent joué, et j’en profite pour vous mettre en liens sur Youtube les prestations de ces rythmes africains qui peuvent vous servir comme matériel d’apprentissage de base. Bon visionnement!

dimanche 15 février 2009

Le Garangedon, rythme des cordonniers

Le Garangedon est un rythme ternaire magnifique qui a été inventé par la caste Malinké des cordonniers et fabricants de chaussures. Il est joué traditionnellement uniquement entre les membres de cette caste lorsque les hommes et les femmes se marient entre eux. Le mot Garangedon fait référence à la danse («don» signifie danse et «Garange» est le nom de la caste). Le rythme en soi s’appelle Garangefoli («foli» signifiant rythme en langage Malinké). Mais, pour des raisons de popularité, le terme Garangedon est le plus utilisé.

Partition

Version plein écran
Légende des symboles

Vidéos

mardi 27 janvier 2009

Le kassa, rythme des récoltes

Le Kassa signifie en langue Malinké un silo à grains. Ce rythme est très connu dans la Guinée de l’Est. Joué lors des récoltes, il aide les fermiers à poursuivre le dur labeur des récoltes car ils s’absentent souvent longtemps de leur village. Quelques femmes peuvent les accompagner pour préparer les repas et chanter pour les aider. À la fin de la récolte, une grande fête est organisée, appelée Kassalodon.

Partition

Version plein écran du kassa

Vidéos

mercredi 19 novembre 2008

Le djansa, rythme de la compétition

Cette semaine, je vous offre comme rythme le djansa, qui est un rythme joué dans des circonstances joyeuses où il illustre la rivalité (saine je dois dire) entre les jeunes hommes. Il provient de la zone méridionale du Mali, de l’ethnie Kassoule. Aujourd’hui, le rythme est joué dans toute l’Afrique de l’Ouest. J’ai ajouté dans la partition le solo original tel qu’enseigné par Mamady Keita.

Partition

Djansa

Vidéos

MISE À JOUR (22-04-09): Les liens vidéos ont été mis à jour.

  • Premier accompagnement de djembé
  • Le dununba. L'accompagnement est légèrement différent de la partition.
  • Le sangban. L'anacrouse n'est pas respectée (le joueur commence sur le premier temps alors qu'il devrait commencer avant).
  • Le kenkeni. L'anacrouse n'est pas respectée (le joueur commence sur le premier temps alors qu'il devrait commencer avant).
  • Le solo original avec les trois partitions de doum-doum et l'accompagnement #1

jeudi 30 octobre 2008

Le Makru, rythme pour séduire

Le Makru est un rythme magnifique de l’ethnie Susu qui est jumelé avec le Yankadi. Il contraste avec ce dernier par le fait qu’il est joué à une cadence très rapide et qu’il est binaire. De la même façon que le Yankadi, le rythme est joué lors des rites de séductions dans les villages.

Partition

Vidéos (djembés seulement)

dimanche 19 octobre 2008

Le yankadi, rythme de la séduction

Le rythme de cette semaine est le yankadi, rythme de l’ethnie Sousou joué lors des rites de séduction. Le yankadi est presque toujours jumelé avec le makru, autre rythme binaire très rapide. Les deux rythmes alternent dans la danse, marquée par une pulsion lente avec le yankadi et rapide avec le makru.

Lors des danses de séduction, les hommes forment une rangée et font faces aux femmes qui forment une autre rangée. Face à face, ils dansent en gardant contact avec les yeux, touchant le coeur de l’autre avec la main. Puis au son du sifflet, le rythme se transforme en makru.

Il existe deux versions de ce rythme, une en ternaire, la plus connue, et l’autre version en binaire.

Partition

Vidéos (djembé seulement)

mardi 7 octobre 2008

Le djole, rythme du sicco

Cette semaine, comme deuxième rythme d’apprentissage, voici le djole. Ce rythme provient du Sierra-Leoné et il est dansé avec des masques. Traditionnellement, ce ne sont pas des djembés qui sont utilisés dans ce rythme, mais bien des tambours de forme carrée appelés sicco. Les hommes dansent sur le rythme en portant des masques représentant le visage d’une femme.

La particularité et la petite difficulté dans ce rythme est dans le deuxième accompagnement où le phrasé s’étend sur deux mesures de quatre temps, contenant beaucoup de silences. Je vous encourage à écouter le vidéo référé au bas de la partition pour vous aider à comprendre l’accompagnement. Quant au premier accompagnement, il peut être joué en alternant les mains (je préfère de loin cette disposition, surtout lorsqu’il est joué rapidement), ou bien en utilisant toujours la main dominante deux fois de suite.

Bonne pratique!

La partition:



MISE À JOUR (08/05/09)

Les vidéos:

mardi 30 septembre 2008

Le kuku, rythme des pêcheurs

En guise de premier rythme, je ne peux débuter sans vous parler du kuku (il faut prononcer le mot comme le nom de l’oiseau, le coucou) , le rythme qui est probablement le plus joué et le plus populaire à travers l’Afrique. Il est joué traditionnellement lorsque les pêcheurs des villages reviennent avec leur cargaison de poissons. Mais, dès qu’une célébration est soulignée, il n’est pas rare d’entendre ce rythme. Le premier accompagnement est joué avec un djembé qui va produire un son plus grave que les autres accompagnements.

C’est un rythme d’introduction idéal et bien simple à apprendre, surtout pour ceux qui débutent avec le djembé. Les 2 premiers accompagnements sont les plus connus, alors que le 3e et le 4e sont des accompagnements créés par Mamady Keita.

Voici la partition, ainsi que des liens vers des vidéos qui vous aideront à apprendre le rythme. Référez-vous au guide qui vous donne les indications sur comment lire les partitions, et comparez ce que vous voyez et entendez des vidéos avec les partitions. Bonne pratique!

La partition:

Les vidéos:

  • Djembé 1 Le doigté que vous voyez dans ce vidéo est celui qui obéit à la loi mécanique des mains (les ghost notes). C'est celui que les solistes préconisent lorsqu'ils font des solos sur le rythme kuku.
  • Djembé 1 avec un autre doigté C'est le doigté que je préfère avec le kuku, car les coups sont alternés entre la main gauche et la main droite. Attention, dans le vidéo, le djembéiste joue comme s'il était gaucher. Pour un droitier, toujours tenir la basse de la main droite.
  • Djembé 2
  • Djembé 3 Accompagnement inventé par Mamady Keita.
  • Djembé 4 Accompagnement inventé par Mamady Keita.

mardi 23 septembre 2008

Une nouvelle section: les rythmes!

Je suis très heureux de vous fournir à partir d’aujourd’hui une nouvelle section sur mon blogue qui parlera des différents rythmes africains. Cette chronique hebdomadaire vous permettra de pouvoir apprendre par vous-mêmes certains rythmes africains à partir de partitions que j’ai trouvées sur le web, ainsi que des vidéos démontrant les divers accompagnements.

La notion de rythme en musique africaine est plus beaucoup plus simple et accessible que ce que nous pouvons croire. En fait, le rythme est quelque chose qui transcende la race humaine et qui est omniprésent partout autour de nous. Que ce soit le son de la goutte d’eau qui tombe du robinet, du pic-bois creusant son trou sur l’écorce de l’arbre, des chevaux qui galopent dans les champs ou de notre propre cœur qui bat, le rythme est partout et est un rouage très important de la vie.

En musique, le rythme définit sa couleur, c’est-à-dire la façon dont il sera perçu à nos oreilles. Par le fait même, le rythme musical est connecté directement à l’émotion qu’il engendrera chez l’auditeur. Traditionnellement donc, à cause de cette réalité, le rythme se transmet de façon orale de génération en génération, subissant les contrecoups d’importantes modifications au passage, aucune référence écrite n’étant maintenue. Ce n’est que dans la seconde moitié du 20e siècle que commencera à apparaître les fameuses partitions de rythmes telles que nous les connaissons aujourd’hui.

Pour les non-initiés à la lecture des partitions, n’ayez crainte, j’ai créé le petit guide qui suit qui vous explique de façon claire et simple comment le système fonctionne. Avec un peu de pratique, vous allez vite pouvoir pratiquer et comprendre les rythmes.

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires sur ce document afin de pouvoir l’améliorer!

Comment lire un rythme ?

mardi 4 mars 2008

Comment apprendre un rythme ?

Aujourd'hui, je vais répondre à une question qui m'est insconsciamment posée par la grande majorité des étudiants. J'utilise le mot "inconscient" ici, parce que je sais pertinamment que tout le monde se pose un jour ou l'autre cette fameuse question, mais personne n'ose la demander de vive voix de peur de se faire passer pour un incompris. Alors, qu'à cela ne tienne, après la lecture de cet article, vous pourrez, je l'espère, entamer un apprentissage éclairé de vos rythmes.

Avant toute chose, il faut avoir en tête que l'apprentissage d'un rythme est beaucoup plus que de la simple mémorisation. C'est un art qui s'apprend, un entraînement qui doit devenir journalier, pour faire en sorte que l'effort investi devienne une habitude. Voilà pourquoi la majorité des gens se sentent déstabilisés aux premiers abords, puisque souvent, plusieurs pensent que de simplement apprendre par coeur le rythme est suffisant, ce qui est tout faux. Voyons d'abord l'approche de base à adopter pour pouvoir garantir d'investir le bon effort et ne pas gaspiller temps et énergie de façon inutile.

Visuel ou auditif ?

Je suis toujours fasciné par cette dualité chez les gens qui se manifeste presque à tout coup lors des cours. Combien de fois aie-je entendu dire que « j'ai de la difficulté à apprendre parce que je suis visuel, j'ai besoin de voir avant d'entendre ». Le fameux schisme entre le caractère visuel ou auditif rend l'apprentissage des percussions plutôt hermétique. Selon moi, il faut mettre à contribution les deux pôles, les deux conceptions, car dans chacune d'elle, il s'y trouve des moyens pour bien mémoriser et assimiler la matière. C'est pourquoi dans cet article, je vais présenter la démarche pour apprendre les rythmes selon les deux approches, dans le but d'établir une synthèse qui vous aidera à consolider votre apprentissage en vous affranchissant de cette vision trop restreinte de voir tout selon une seule et même vision.

La tradition orale

Il ne faut pas se le cacher, les rythmes africains sont transmis et enseignés d'abord et avant tout de manière orale. Les élèves s'installent à côté de leur grand maître dans les cérémonies de danse en Afrique et pendant des heures, ils reproduisent tant bien que mal ce que leur maître leur demande, seulement en écoutant et en regardant. Aucune note manuscrite n'est disponible, encore moins les enregistrements audio. Pourtant, ces rythmes ont traversé les siècles et les générations pour arriver jusqu'à nous, en étant certes quelques peu déformés (donnant ainsi lieu à une richesse incroyable de diversité dans les accompagnements), mais encore aujourd'hui, les maîtres djembéfola et les griots transmettent cet héritage basé uniquement sur la mémorisation et les sons.

Cette approche n'est certainement pas adaptée à l'enseignement occidental. Chez nous, tout doit être plus cartésien, et surtout, immortalisé sur le papier. Il a donc fallu convertir cette approche pûrement auditive pour créer un système de notation simple, compréhensible et universel, s'affranchissant des langues et des pays. Des grands maîtres djembéfola comme Mamady Keita et Famoudou Konaté sont grandement responsables de la diffusion et du maintien des connaissances des rythmes africains dans la civilisation occidentale. Sans eux, nous en serions encore au stade de tenter de briser la barrière entre le visuel et l'auditif.

C'est pourquoi selon moi, un équilibre entre les systèmes de notation écrite et les enregistrements auditifs consiste à la clé dans l'apprentissage des percussions.

Pendant le cours: l'exposition au rythme

La première étape consiste à se faire introduire au rythme lors des cours. Comme moi, vous êtes subjugué par la beauté du rythme lorsque le prof et ses assistants jouent devant vous les trois accompagnements, le tout s'imbriquant dans une majestueuse harmonie. L'étonnement passé, il est maintenant temps de s'atteler à la tâche de décortiquer tout cela.

Pour y arriver, je conseille d'abord et avant tout de ne pas vous attarder à l'ordre des mains. C'est souvent un handicap, du moins au début, que de savoir d'emblée quelle main joue en premier. Ayez simplement en tête le principe suivant:

La main forte est celle qui marque le temps.

 

Cela signifie que si vous êtes droitier, la main droite va, la plupart du temps, marquer la pulsation rythmiques (soit les 4 temps d'une mesure binaire ou les 3 temps d'une mesure ternaire). Et vive-versa si vous êtes gaucher.

En observant toujours le prof exécuter l'unité rythmique, repérez, de façon auditive, les sons qui marquent la pulsation d'une part, et en même temps, les mains qui y correspondent. C'est la base absolue pour établir ses repères. Car, lorsque plus tard, le rythme sera joué dans son intégralité, c'est à ses repères qu'il faudra s'accrocher si jamais vous perdez le fil. Cette étape mène finalement à la suivante, qui consiste à apprendre la séquence sonore des accompagnements rythmiques et sentir le rythme.

Après le cours: la consolidation

À la suite du cours, deux choses peuvent arriver. Soit vous avez réussi à franchir la première phase décrite auparavant avec succès, soit il y a encore du travail à faire de ce côté. N'ayez crainte, c'est souvent juste une question de temps si tel est le cas. La deuxième étape consiste à consolider le rythme à la maison, en effectuant de petites manoeuvres bien simples qui vous sauveront du temps.

Si vous suivez des cours hebdomadaires, vous avez donc sept jours pour consolider votre apprentissage. Durant les deux premiers jours, ne regardez pas tout de suite la partition écrite. Essayez de vous replonger dans l'atmosphère du cours et chanter le rythme. Chanter-le jusqu'à en être saturé. C'est là que la dimension auditive prend le dessus sur le visuel. En chantant avec le système «POU-PI-PA», vous allez arriver à vous affranchir de l'effort conscient nécessaire pour retenir le rythme. Personnellement, j'effectue cette manoeuvre en marchant le jour pour me rendre au travail, car mes pieds font la pulsation au sol pendant que je suis en train de me remémorer les frappes. Vous pouvez tout aussi bien faire la même chose en tapant sur le volan de la voiture (sans les pieds bien entendu!...)

Au troisième jour et pendant les jours précédant le nouveau cours, assoyez-vous maintenant et ouvrez votre partition écrite. C'est maintenant le temps d'associer le contenu auditif avec le contenu visuel pour pouvoir arriver à bien comprendre la rythmique des accompagnements. Il existe beaucoup de trucs pour y arriver, et un des plus efficaces est d'identifier, via un système de couleur, les frappes qui tombent sur les temps et qui consistent à la base du rythme. En subdivisant chaque espace qui est compris entre deux temps (donc entre deux couleurs), concentrez vous sur ce que vous voyez, et recommencer à chanter à voix haute. Une fois le rythme en entier bien compris, c'est à ce moment que je vous recommande de vous concentrer sur l'ordre des mains. En procédant ainsi, vous empêchez de focuser sur les détails des mains et vous faciliter grandement l'intégration du rythme.

L'étape ultime: l'intégration

Lors de votre cours suivant, où d'habitude le prof fait un retour sur le contenu de la semaine d'avant, vous aurez l'occasion d'intégrer le rythme. C'est l'étape ultime de votre apprentissage. Si vous êtes en mesure de rejouer les divers accompagnements sans trop d'efforts conscients, c'est signe que vous avez bien assimilé la matière. Encore mieux, si vous êtes en mesure de le montrer à d'autres élèves, alors votre intégration est presque complétée.

Sachez par contre que selon le niveau où vous en êtes, l'intégration peut très bien se faire selon une période de temps plus ou moins longue. Il n'est pas rare de voir plusieurs semaines s'écouler avant de bien maîtriser un rythme. Une deuxième dimension de l'intégration du rythme est de voir si vous êtes en mesure de le jouer à divers vitesses et sur une longue période. Assimiler les frappes est une chose, jouer pendant plusieurs minutes un même accompagnent en est une autre !

Finalement, retenez ces trois mots pour ne pas perdre de vue le fil de votre apprentissage: exposition-consolidation-intégration. Cette méthode est tout-à-fait personnelle et vous pouvez en tirer l'ensemble ou un point bien précis selon votre guise !

Bon apprentissage!

P.S.: N'hésitez pas à me laisser vos commentaires ou suggestions pour parfaire cet article!

jeudi 10 août 2006

La section des rythmes

Vous trouverez en parcourant ce site des partitions ainsi que des vidéos de rythmes africains. Ces créations musicales sont véhiculées de génération en génération et sont libres de toute propriété intellectuelle. Les vidéos sont des enregistrements rendus disponibles gratuitement sur des sites de distribution de vidéos tel Youtube.

Afin de pouvoir lire les partitions du site, je vous recommande d'aller jeter un oeil sur les instructions qui vous permettront de savoir comment lire les accompagnements écrits en quelques minutes seulement.

Et si vous êtes un nouveau visiteur, je vous suggère, avant d'aller lire les partitions, de vous familiariser avec les symboles utilisés en consultant la légende.

Liste des rythmes

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