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dimanche 7 novembre 2010

Concert intégral LIVE de Mamady Keita

En 2009, Mamady Keita et son groupe, Sewa Kan, célébrait le 50ième anniversaire de carrière de ce grand maître djembéfola. Pour l’occasion, un spectacle a été enregistré en vue de la sortie d’un DVD qui a pour titre Hakili, ce qui signifie “esprit” en langue Malinké. Et bien, je vous offre une capture live de ce concert, soit un peu plus de 2 heures de pur délice rythmique africain! On y trouve des inédits de Mamady tel que Hakili, Matoto, Kedju (Kanin II), etc.

vendredi 16 octobre 2009

Le djembé dans un orchestre symphonique

Depuis plus de deux ans maintenant, je vous parle dans cet espace virtuel des grands événements qui ont jalonné mon parcours musical avec l’école Samajam depuis que je joue du djembé, ainsi que dans mes temps libres. Dans quelques jours, un autre événement grandiose se déroulera dans mon parcours de musicien, soit celui de jouer de la percussion avec un véritable orchestre symphonique.

lundi 24 août 2009

Vi, un spectacle multidisciplinaire à voir!

J’admire beaucoup les gens qui vont au bout de leur rêve et de leur ambition. C’est pourquoi je ne pouvais passer à côté de l’occasion pour parler du spectacle d’une amie qui m’est chère. Elle s’appelle Rhodnie Désir et elle est à l’aube d’accoucher d’une oeuvre unique en son genre qui aura lieu du 26 au 29 août prochain au Centre Calixa-Lavallée situé dans le parc Lafontaine, à Montréal.

J’ai connu Rhodnie grâce au djembé qui fait maintenant partie de nos vies respectives. Elle avait déjà à l’époque une énergie rafraîchissante à souhait, et lorsqu’elle mit son projet à exécution, j’ai été touché par sa détermination et sa volonté de créer. Deux ans plus tard, l’ambition abstraite devient concrète. Son spectacle, articulé autour de sept disciplines artistiques, met en vedette des artistes de renom. Dans le domaine de la percussion, il y aura Kattam et Mélissa Lavergne, entre autres.

Pour plus de détails sur le spectacle, je vous invite à aller lire cet article paru dans le journal de quartier Le Plateau de la semaine dernière.

Site officiel du spectacle Vi et de la compagnie artistique de Rhodnie Désir

mardi 4 août 2009

La comète des Colocs éclaire Montréal

Mike Sawatsky, guitariste et membre fondateur des Colocs

La soirée était tout simplement parfaite. Comme lorsqu’une salle est de toute première qualité pour un artiste de renom. Une mise en scène parfaite pour vivre un moment que tous considéraient déjà comme unique, grandiose et sans aucun doute, à ne pas manquer: la réunion tant attendue des Colocs, groupe culte québécois des années 90 dont le regretté leader et chanteur, André «Dédé» Fortin, s’est enlevé la vie il y a maintenant 10 ans, se faisant hara kiri.

Il y a des groupes musicaux qui naissent et qui meurent, mais peu réussissent à transcender les générations comme les Colocs ont réussi à le faire. Parmi la foule plutôt impressionnante, il n’y avait pas moins de quatre générations différentes, de tout âge et de toute culture. C’est à l’image de ce groupe qui a su être à l’avant-garde de son époque, voulant mettre en pleine face du peuple québécois son ouverture sur le monde, porte étendard de son hospitalité.

Sans avoir besoin de se le communiquer verbalement, tout le monde avait très hâte de fredonner les airs connus des tounes qui ont bercé notre adolescence. Et malgré la mort de Dédé, tous pouvait ressentir sa présence, car le seul fait que les membres restants du groupe se réunissent pour la première fois depuis sa disparition, sur une aussi grande scène, est un événement en soi.

Peu avant 21h, la foule se massait le plus près possible de l’immense scène aménagée au coin des rues Jeanne-Mance et Maisonneuve. À gauche et à droite, les paroles désormais classiques des refrains des chansons du groupe retentissaient, et une électricité montait. Et c’est dans une énergie gonflée à bloc que le spectacle a commencé lorsque Sébastien Ricard, alias Batlam du groupe Loco Locass, s’est avancé seul sur scène, faisant signe à la foule de se taire, afin d’entendre ses coups de souliers à claquettes. Puis, la troupe de Gumboots Bourask se joignit à lui, lançant la soirée avec une salve de coups de bottes de caoutchouc bien sentis. Déjà, le moment musical était unique en soi. Puis, les sons des doum-doum et du djembé des frères Diouf ont retenti dans la nuit, marque de commerce des Colocs, et Mike Sawatsky, guitariste du groupe, fit son entrée sous un tonnerre d’applaudissement.

Lorsque les Loco Locass sont venus chanter Passe moé à puck, Tout seul et La traversée, la soirée a décollé sur des chapeaux de roues. C’était magnifique et délectable de voir le phœnix des Colocs renaître de ses cendres, et leur musique n’a pas pris une ride. La guitare de Sawatsky et la basse de Vanderbeist sont toujours aussi bien accordées. Et que dire des percussions des frères Diouf!! Wow! Toute la soirée, je n’avais d’yeux que pour les doum-doum d’El Hadji et du djembé de Karim. Tout le génie des Colocs réside là: amalgamer des instruments qui à prime abord n’auraient jamais leur place dans un spectacle de musique rock et festive.

Loco Locass avec les Colocs

Toute la soirée, j’ai été envahi par un capharnaüm émotif où se mêlaient la joie, la mélancolie, l’extase…J’étais complètement envahi par les souvenirs de l’époque où je chantonnais les classiques des Colocs. Quand Mike Sawatsky a entonné les premiers riffs corrosifs de Séropositif Boogie, une décharge électrique m’a traversé la colonne tellement c’était troublant de réentendre à travers la voix du guitariste et ami de Pat Esposito, harmoniciste du groupe décédé du sida, toute la fougue de cette puissante chanson. Et que dire de Pierre Lapointe, véritable ovni dans l’univers des Colocs! Avec un «tabarnak» bien senti, il a sauté sur scène pour chanter Mauvais caractère et Juste une p’tite nuite, ma chanson préférée des Colocs. Wow…un moment d’anthologie.

La soirée était loin d’être terminée. Les frères Diouf ont été étincelants lorsqu’ils ont été à l’avant-scène pour nous lancer quelques salves de djembés avec leur voix si belles. Sébastien Ricard a été bouleversant dans son interprétation de Belzébuth (MISE À JOUR 12-08-2009: meilleure qualité), et nous retrouvions l’instant d’une chanson l’incarnation en chair et en os de Dédé. Sébastien Plante du groupe Les Respectables a été vraiment très généreux dans son interprétation de la désormais classique pièce Tassez-vous de d’là. Jamais une foule n’a paru aussi heureuse de chanter en chœur avec le groupe. Tout juste après, installé à la guitare sur une plate-forme qui se soulevait dans les airs, Marc Déry a entonné les premières notes du Répondeur, et c’est à la lumière des briquets (oui, des briquets, et non des cellulaires, comme dans le temps des Colocs…) que tous ont chanté en silence et en buvant les paroles de cette très triste complainte de Dédé, annonciatrice de sa triste fin.

Tout le monde croyait avoir atteint l’apothéose émotive avec cette pièce, mais ce n’était que le hors-d’oeuvre au clou de la soirée. Les murs de la place des Arts ont soudain été tapissés de projection de chandelles, et ce fut un moment du spectacle que je n’oublierai jamais, car la foule a découvert pour la toute première fois la pièce ultime de Dédé et des Colocs, la Comète, dont voici les paroles:

Comme le temps est pesant en mon âme escogriffe
Un grand ciel menaçant, un éclair qui me crie
Ton coeur est malicieux, ton esprit dans ses griffes
Ne peut rien faire pour toi et tu es tout petit

Les nuages voyageurs font des dessins abstraits
Ils me parlent de bonheur que jamais je n’entends
Je pourrais faire comme eux et partir sans délai
Léger comme une poussière transporté par le vent

Et dans la solitude de ma danse aérienne
Le courage revenu, je trouverais les mots
Je réciterais sans cesse des prières pour que vienne
La douleur du silence d’un éternel repos, mais…

Épuisé que je suis je remets à plus tard
Le jour de mon départ pour une autre planète
Si seulement je pouvais étouffer mon cafard
Une voix chaude me dirait : tu brilles comme une comète

Comme la lune est moqueuse quand elle s’empare du ciel
Elle me regarde aller comme une lampe de poursuite
Je voudrais la détruire ou me poser sur elle
Étourdi par son charme qui jamais me quitte

Je suis comme une loupe que le soleil embrasse
Ses rayons me transpercent et culminent en un point
Allument le feu partout où se trouve ma carcasse
Et après mon passage il ne reste plus rien

Et dans la solitude de ce nouveau désert
J’aurais tout à construire pour accueillir la paix
Et tout mon temps aussi pour prévenir l’univers
Que la joie est revenue et qu’elle reste à jamais… mais…

Condamné par le doute, immobile et craintif,
Je suis comme mon peuple, indécis et rêveur,
Je parle à qui veut de mon pays fictif
Le coeur plein de vertige et rongé par la peur

Dédé Fortin

Lorsque la pièce commença, la foule s’est tue religieusement, car nous entendions tous la voix de Dédé qui chantait le premier strophe de la pièce. Au beau milieu de la scène, un projecteur éclairait une chaise sur laquelle reposait la guitare de Dédé, avec au sommet de son manche son éternel chapeau melon, et à son pied, ses souliers à claquette. Il était carrément là, sur scène, avec nous tous, ce fut un de ces moments que tous se rappelleront dans des dizaines d’années. Puis, le monument de la chanson québécoise Paul Piché est venu sur scène le rejoindre, et voici ce que ça a donné.

Complètement soufflé par ce qui venait de se produire, la foule essuyait ses larmes car elle venait de retrouver de bons vieux copains qui s’étaient absentés bien trop longtemps.

Pour ma part, les Colocs représentent un groupe phare, puisqu’ils m’ont permis de découvrir la musique africaine et la percussion au travers de leur musique. Et surtout, surtout,  ils viennent de me faire vivre un des plus beaux moments de ma vie en compagnie de mes amis. En fait, il n’y a que les Colocs pour nous rappeler que la vie passe comme une Comète.

Merci Dédé, merci les Colocs et que votre musique soit immortelle!

Compilation vidéo de la soirée

MISE À JOUR (14-08-2009): Extraits vidéos du spectacle diffusé à Radio-Canada

jeudi 30 juillet 2009

La naissance d’Issaïa

Quand je prends le temps de m’arrêter pour passer en revue les trois derniers mois, j’ai peine à croire tout ce qui s’est passé en si peu de temps. À travers les aléas de ma petite vie personnelle, un projet grandiose s’est matérialisé grâce aux efforts d’un groupe soudé, uni et inspiré par le djembé. L’école Samajam a été le théâtre d’une naissance artistique qui a pour nom Issaïa. Voici donc la genèse de cette si belle aventure.

Tout a commencé lorsque mon collègue de travail et grand ami artiste Michaël vient se pointer le bout du nez à la fin d’un cours que je donnais à la session d’hiver 2009, le vendredi soir. Inspiré par le son des djembés, je l’invite à se poster derrière le micro et se laisser bercer par la musique. Aussitôt dit, aussitôt fait, cet inimitable créateur se laissa porter par l’énergie et c’est ainsi que naquit les toutes premières notes d’une pièce musicale qui prendra pour nom le titre de cet article. Sans aucun effort apparent, mon ami accoucha d’une mélodie qu’il estima hautement accrocheuse. Tellement qu’il saisit aussitôt mon téléphone cellulaire pour se chanter à nouveau les notes dans sa boîte vocale, c’est tout vous dire.

Je me souviendrai toujours de ce moment-là comme le début d’une très belle collaboration entre deux âmes qui, à prime abord, n’avait rien en commun, à part le fait qu’ils travaillent tout deux dans la même boîte.  Une force nouvelle a émergé suite au germe musical qui avait été planté cette soirée-là. La semaine suivante, j’obtenais le feu vert pour prendre en charge le groupe des Débutant 1 de la plus grosse école de percussions du Canada. Et j’acceptai tout de suite le mandat, rêvassant du moment magique du spectacle de fin de session, suite à la proposition un peu loufoque de mon ami. Comme quoi, tout s’enlignait pour que le projet Issaïa puisse prendre forme.

À la mi-avril, je me retrouve devant quelques quatre-vingt étudiants qui n’ont aucune idée de ce qu’est le djembé, mais qui ont un désir d’apprendre et de découvrir cet instrument extraordinaire. Ce leitmotiv a été le carburant dont je me nourrissais chaque semaine pour porter à bien ce projet qui m’était cher. Dès lors, en prenant le pouls du groupe et en m’asseyant avec mon comparse pour établir les bases du projet, le concept s’est imposé de lui-même. Il fallait oser transformer l’image masculinisante du djembé, oser exposer sur scène une autre facette de l’instrument, son côté féminin, plus doux, plus équilibré dans les textures et les sons. Trop souvent les numéros des étudiants incarnent la puissance brute de la percussion africaine, alors il était temps d’explorer d’autres avenues.

Les premiers cours ont débuté et le projet du spectacle a hiberné le temps d’amener la meute des percussionnistes à un niveau satisfaisant pour leur exposer l’idée. Pendant ce temps, Michaël a concocté une trame musicale avec ses bidules électroniques. Je me souviendrai également longtemps de la première écoute chez lui, dans son mini studio, puisque sans même en avoir parlé ensemble, il avait choisi le genre musical idéal pour concrétiser l’intention de la puissance féminine du numéro: le reggae.

À la neuvième semaine de la session, il est venu le temps d’exposer notre idée un peu folle au groupe d’étudiants. J’étais nerveux car je craignais que l’idée soit mal accueillie. Mais, aussitôt les grandes lignes expliquées, le stress s’est transformé en grande excitation, car les étudiants ont très bien réagi et leur enthousiasme a tout de suite été un puissant levier créatif pour la suite des choses. Dès lors, il fallait tout peaufiner, et petit à petit, les rythmes ont été maîtrisés, les pas bien exécutés, et une assurance et une prestance ont rejailli dans le groupe.

Malgré tout, quelque chose manquait. Il fallait pallier à la présence vocale masculine de Michaël. C’est pourquoi un bon soir, j’appelais mon amie chanteuse Annie pour lui proposer de venir chanter avec quelques quatre-vingt percussionnistes. Ce fut un argument très persuasif qui la força à annuler son week-end de camping prévu la journée du spectacle. Ce fut un autre très beau moment que de la présenter à Michaël, car aussitôt une belle chimie se créa entre nous tous. Sur la musique déjà vivante, il fallait y ajouter quelques paroles évocatrice du symbole féminin qu’est Issaïa, et Michaël a eu une superbe idée en composant le texte en quatre langues différentes. Le surlendemain, les étudiants furent emballés et nous avons décidé de garder une portion chantée, pour que la puissance de la voix et du djembé s’unifie. Je ne peux vous décrire la décharge électrique ressentie dans ma colonne vertébrale quand j’ai entendu les voix la première fois.

Une semaine avant le jour «J», j’ai invité ma grande amie percussionniste Myriam à venir participer au numéro, ne serait-ce que pour la voir et l’entendre avec ses magnifiques solos de djembé. Elle devait participer à notre numéro, incarnant à elle seule l’énergie insufflée depuis le dernier mois au sein du groupe. Les dernières répétitions se sont déroulées sans anicroches, et tous avaient hâte de montrer à quel point ils avaient compris la richesse du tambour africain.

Le dimanche 5 juillet arrive enfin et la journée est magnifique. Une des seules journée de juillet qui le sera d’ailleurs. J’arrive très tôt sur les lieux, et la répétition avec les étudiants se déroule à merveille, le temps de tout bien vérifier au point de vue technique, de placer les gens sur scène, et de rejouer une dernière fois le numéro. Tout baigne dans l’huile, si bien que le reste de la journée s’offre à nous pour décompresser et attendre enfin la soirée et la venue des spectateurs. Le soleil descend dans le ciel peu à peu, et sans trop m’en rendre compte, l’heure du spectacle arrive enfin. Le temps de donner mes dernières indications à mes élèves, nous sommes fins prêts, installés derrière la scène. Posté contre la porte menant en coulisse, j’entends les premiers applaudissements, le rideau s’ouvre et je me dis: «Ça y est, dans quelques minutes, Issaïa sera réalité.»

Lorsque je marche sur la rampe qui me mène sur scène, un sentiment de paix et de sérénité m’habite. Peu importe ce qui arrivera dans les prochaines secondes, j’étais absolument convaincu que tout le monde serait pour livrer le meilleur d’eux-mêmes. Dès que tous furent bien installé sur scène, j’ai fait signe à Michaël, et dès que les premières notes de son hautbois électronique jaillirent des hauts-parleurs, une profonde émotion m’enveloppa, et je pense bien qu’elle se propagea dans toute la salle. Je vous laisse voir par vous-même le résultat en vidéo.

Même si quelques pépins techniques d’ordre sonores sont venus perturber le numéro, le résultat fut grandiose. Jamais je n’ai senti une telle unicité dans le groupe, une telle volonté de porter Issaïa, emblême de féminité, dans le coeur des gens. Pour moi, ce fut un moment fantastique et inoubliable de pouvoir partager ma passion de cet instrument avec autant de gens. Une apothéose qui a dépassé toutes mes attentes. Je suis sorti de scène avec le sentiment d’avoir accompli une très belle et grande chose, et je me suis dit que c’est pour cette raison précise que j’enseigne le tambour africain aujourd’hui.

Merci à tous ceux et celles qui, de près ou de loin, ont réussi à faire en sorte qu’Issaïa puisse voir le jour!

Crédit photo: Rémi Giguère

jeudi 25 juin 2009

Taafé Fanga 5 fois au festival Nuits d’Afrique

Le groupe phare de percussions d’Afrique de l’Ouest du Québec, Taafé Fanga, sera l’incontournable vedette du prochain festival Nuits d’Afrique qui se tiendra à Montréal dès le 14 juillet prochain. Pas moins de cinq représentations seront tenues, soit 4 soirs en première partie d’artistes de renom alors que le dernier soir, ce sera un spectacle total de Taafé Fanga. Voici les dates:

Taafé Fanga (Afrique de l'Ouest / Qc) et Habana Café (Cuba)
Dimanche 19 juillet 2009
23:00
Club Balattou
Les étoiles de Nuits d'Afrique
10$ (gratuit pour les détenteurs de billet du festival)

Taafé Fanga (Afrique de l'Ouest / Qc) et Estação da Luz (Brésil)
Lundi 20 juillet 2009
23:00
Club Balattou
Les étoiles de Nuits d'Afrique
10$ (gratuit pour les détenteurs de billet du festival)

Taafé Fanga (Afrique de l'Ouest / Qc) et Laeticia Zonzambé (Centre Afrique)
Mardi 21 juillet 2009
23:00
Club Balattou
Les étoiles de Nuits d'Afrique
10$ (gratuit pour les détenteurs de billet du festival)

Taafé Fanga (Afrique de l'Ouest / Qc) et Oumar Ndiaye Xosluman (Sénégal / Qc)
Mercredi 22 juillet 2009
23:00
Club Balattou
Les étoiles de Nuits d'Afrique
10$ (gratuit pour les détenteurs de billet du festival)

À NE PAS MANQUER!!!

Taafé Fanga (Afrique de l'Ouest / Qc)
Dimanche 26 juillet 2009
23:00
Club Balattou
Les étoiles de Nuits d'Afrique
10$ (gratuit pour les détenteurs de billet du festival)

Pour les lecteurs de mon blogue qui habitent à l’extérieur du Québec, je vous encourage fortement à découvrir ce groupe fabuleux par l’entremise de ce vidéo.

mercredi 6 mai 2009

Aboulaye Koné et Bolo Kan grand gagnant aux Syli d’Or

C’est avec une grande joie que j’ai appris cette semaine que le groupe du grand maître djembéfola Aboulaye Koné, Bolo Kan, a remporté la compétition des Syli d’Or de la musique du monde dont la finale avait lieu jeudi dernier au Kola Note à Montréal. Les Syli d’Or de la musique du monde encouragent les groupes musicaux locaux qui proviennent des quatre coins du globe à rayonner de façon plus importante.

Je n’ai malheureusement pas eu la chance de pouvoir aller voir la grande finale de jeudi soir, mais des proches m’ont dit que c’était un moment inoubliable. Voici un ensemble de photos extraordinaires qui ont été prises lors de ce spectacle, et ma foi, je me dis que ce groupe de percussions est sans aucun doute promu à un avenir fort prometteur.

Iniké à vous, Bolo Kan!

Pour voir les photos, cliquez sur l’image.

Crédit des photos: daidix

jeudi 23 avril 2009

Aboulaye Koné et Bolo Kan: le mandingue à Montréal

J’ai assisté hier à la deuxième portion d’un spectacle absolument fantastique du groupe Bolo Kan mené de main de maître par un pilier de la culture mandingue au Québec: Aboulaye Koné. Ce griot né en Côte d’Ivoire possède des mains carrément magiques qui font sonner un djembé comme jamais je n’avais eu la chance d’entendre auparavant. Jumelé à Mohamed N’Diaye, griot de la danse et de la percussion mandingue, ils sont l’essence même de ce qu’est le monde de la percussion et du djembé: fougue, puissance et enracinement total.

Pendant les trois pièces que j’ai eu la chance de voir et d’écouter en ayant le coeur grand ouvert à recevoir toute cette énergie, j’ai constaté à quel point le monde du djembé est immense, et aussi tellement riche. La maîtrise de cet instrument passe par un respect total envers ses pairs, envers les gens qui écoutent, et surtout, envers son propre instrument. Une fusion complète existait entre les musiciens et le public, si bien que le mercure de la salle a eu tôt fait de grimper pour aller chatouiller le sommet du thermomètre.

Le groupe Bolo Kan représente pour moi à ce jour la maîtrise parfaite d’un art qui s’enracine depuis des siècles dans la conscience collective de l’humanité. C’est pourquoi il est de notre devoir de voir et surtout, d’entendre chacune des notes du tambour qui résonne dans nos oreilles, et qui vient réveiller l’Africain qui sommeille en chacun de nous.

Assoyez-vous bien confortablement et admirez la virtuosité de ces deux griots hors du commun.

Le groupe d’Aboulaye Koné est en lice pour le Syli d’Or de la musique du monde 2009 organisé par le festival Nuits d’Afrique de Montréal. S’il passe en demi-finale, le groupe jouera de nouveau la semaine prochaine, soit le mardi 28 avril ou le mercredi 29 avril prochain à 22h, au club Balattou. Et c’est totalement gratuit!

Ressources utiles

Le FESTIRAAM a lieu ce week-end!

Ce week-end, le Festival international des rythmes d’Afrique et des Antilles de Montréal bat son plein! Deux soirées endiablées sont au menu au Métropolis! Je convie tous les amateurs de musique du monde, spécialement africaine, à voir ce vendredi 24 avril le chanteur sénégalais Ismaël Lo, le griot de kora Zal Idrissa Sissokho et les frères Ibrahim et El Hadje Diouf (tous deux ayant récemment joué dans le film Dédé À travers les brumes). Soyez de la fête!

Info: www.festiraam.ca

lundi 16 février 2009

Rythmes en spectacle!

Le 7 décembre dernier, mon école de percussions présentait un spectacle percussif des plus relevés au Cégep Maisonneuve. Lors de cette soirée, plusieurs rythmes africains furent joué, et j’en profite pour vous mettre en liens sur Youtube les prestations de ces rythmes africains qui peuvent vous servir comme matériel d’apprentissage de base. Bon visionnement!

jeudi 29 janvier 2009

Les femmes et le djembé – 2ième partie

J’ai déniché aujourd’hui sur le web un vidéo très intéressant sur un spectacle inoubliable que j’avais vu en 2007 lors du Festival Nuits d’Afrique. Il s’agit de la performance électrisante des Amazones de Guinée. Pour ceux qui étaient sur place, vous vous en rappelez sûrement encore. Elles avaient enflammé le National (où le système de ventilation était tombé en panne ce soir-là). Je me souviens, malgré la chaleur tropicale qui y régnait, avoir été subjugué par toute la virtuosité de ces dames qui sortaient pour la première fois de leur Guinée natale.

Je vous ai déjà parlé des Amazones dans un autre article discutant du rôle des femmes et le djembé. Depuis ce spectacle, elles ont pu en donner d’autres dans le monde occidental, et elles peuvent désormais aspirer à vivre de leur art, et surtout, vivre de leur immense talent. Comme le dit la personne interviewée dans le vidéo, c’est la finesse de leur jeu, en plus de leur incroyable puissance, qui ont plu aux spectateurs présents ce soir-là. Les femmes apportent cette fluidité aux rythmes que les hommes ont peine à exprimer sur scène. Chose certaine, il est très rafraîchissant de voir des femmes jouer le rôle traditionnel des hommes.

vendredi 9 janvier 2009

La vie et les djembés selon Pol Pelletier

Mon but, lorsque je serai sur mon lit de mort, est de pouvoir dire: «Je me connais!»   - Pol Pelletier

pol 6

J’ai vécu vendredi le 29 novembre dernier une soirée absolument magique grâce au djembé, encore une fois. J’ai fait la rencontre d’une très grande dame de théâtre et de scène. Cette personne unique a touché le coeur de plus de mille artistes de la scène, que ce soit des acteurs, des musiciens, des humoristes, des chanteurs…Ce soir-là, nous étions une centaine de personnes venues célébrer l’œuvre de Pol Pelletier, notamment ses Dojo, ses ateliers de théâtre qui ont désormais transformé la vie de tant de gens…

Pour ceux qui ne la connaissent pas,  Pol Pelletier s’est donné une quête: celle de montrer aux gens qui l’entourent comment prendre sa place dans leur milieu, et surtout, comment s’ouvrir, s’exprimer avec le cœur, en aiguisant ce qu’on appelle le charisme, pour être en vie. Elle a fait le tour de la planète dans plusieurs pays orientaux, ayant étudié avec de grands maîtres spirituels pour aller plonger au plus profond de soi-même. Sont but est de retrouver l’énergie vitale qui permet de  se brancher sur nos émotions afin de les véhiculer sans peur, sans retenue. Elle s’est exilée dernièrement pour mieux revenir chez elle, parmi les siens, afin de montrer sa méthode qu’elle a mise au point et partager ses expériences.

Mon premier contact avec Pol Pelletier s’est effectué lors de notre répétition pour la fameuse soirée du 29 novembre. Nous étions en train de jouer en improvisant en groupe, question de pouvoir tout de suite se délier les mains, et s’ouvrir au plaisir de la musique. Elle est entrée dans le local et tout de suite, j’ai senti que ce n’est pas n’importe qui que j’avais devant moi et qui venait de franchir le seuil de la porte. Elle est restée là pendant quelques secondes à ne rien dire, mais il y avait une telle qualité d’observation chez elle que nous savions tous qu’elle était dans son élément et très au courant de notre rôle.

Je me souviens particulièrement bien du moment où elle s’est adressée à chacun pour nous demander nos noms…Pour le commun des mortels, l’exercice est on ne peut plus terre à terre, mais avec elle, c’est tout le contraire. En lui disant mon prénom, elle a pris quelques instants de silence à me scruter, puis elle m’a dit que ce nom-là m’allait bien, pour une raison que je n’arrive pas à m’expliquer encore…Mais au plus profond de moi, et grâce à elle, j’ai tout de suite senti à quel point mon prénom a été choisi avec n’importe quoi sauf le hasard…

Dès cet instant, l’après-midi de répétition avec Pol a été pour moi un grand moment de créativité et de lâchez prise. Une vague de nouveauté a déferlé dans le local où chacun prenait plaisir à jouer les mêmes rythmes, mais avec une manière totalement inusitée et nouvelle, en jouant en effleurant à peine la peau de nos instruments, ce qui est très inhabituel en musique africaine. Mais, nous avons tout de suite perçu à quel point la musique permettait d’appuyer le message de Pol Pelletier, celui d’amener la personne à un état d’éveil.

La table était mise pour la soirée grandiose du 29 novembre dernier. Complètement dédiée aux préparatifs de sa soirée, Pol était dans sa bulle de metteure en scène, peaufinant les derniers détails de son et d’éclairage. Les gens sont arrivés en masse pour venir entendre une grande dame de théâtre, si bien que la salle s’est vite retrouvée sans le moindre pouce carré de plancher inoccupé. Après les présentations d’usage, Pol Pelletier est montée sur la petite scène, les gens se sont tus, et le temps s’est subitement arrêté.

Les quelques 120 minutes qui ont suivi (était-ce plus, était-ce moins, je ne le sais plus) se sont révélées d’une intensité extrême. La “grandiosité” de la dame Pelletier nous a tous atteint en plein cœur, grâce surtout à sa voix rauque, usée par des années et des années d’exercices théâtraux, qui parfois sonnait comme les ongles grattant la surface d’un tableau d’école… Constamment en mouvement, son regard transperçait la pièce comme des rayons lasers. Ralentissant et accélérant le débit de ses paroles, elle nous a tous envoutés par sa grande maîtrise de l’art du charisme sur scène. Car elle en possède en quantité remarquable!

Il serait impossible de pouvoir inscrire dans cet espace virtuel tout ce qui s’est passé dans cette soirée. Plusieurs gens ont témoigné de leur immense reconnaissance face à cette artiste. Tous ayant expérimenté son atelier Dojo dans diverses périodes de leur vie, ils étaient la preuve vivante de la métamorphose de leur personne. Des personnalités connues comme France Castel ou Mario Saint-Amand, à l’architecte ou à l’avocat, tous ont maintenant conscience qu’ils possèdent en eux un pouvoir sur eux-mêmes. Un pouvoir d’exprimer pleinement qui ils sont, sans artifice et surtout, sans illusion.

Après cet extraordinaire partage, mes collègues percussionnistes et moi sommes montés sur scène afin de clôturer cette fabuleuse soirée en musique. Et honnêtement, dès le premier coup de mailloche sur le doum-doum, jamais je ne vais oublier ce moment. Jamais je n’ai vu pareille énergie, pareil lâchez-prise, pareil fougue s’emparer du public. Tous dansaient à fond, sans aucune retenue, et ce, dès les premières notes qui étaient à peine audibles, mais qui pouvaient traverser la pièce sans mourir dans l’air grâce à la qualité d’écoute qui était à son paroxysme. Plus le rythme prenait corps avec les instruments, plus je sentais en moi monter une énergie nouvelle, rarement ressentie jusqu’à ce jour, une énergie insoupçonnée.

Et quand Pol Pelletier nous a tous regardé sur scène avec son grand sourire, j’ai compris que j’avais savouré chaque seconde dans son entière durée, comme s’il n’y avait pas de lendemain.

MISE À JOUR: Je prends la peine d’ajouter le magnifique commentaire d’une participante de la soirée qui a pris la peine de m’écrire son impression de cette soirée inoubliable.

C'est tout à fait cela Martin, j'ai aussi vécu une expérience très forte ce soir-là.  J'étais dans la salle comme spectatrice.  Je suis une étudiante niveau débutant 1.

J'ai pu observer, percevoir, ressentir et vivre la différence entre la vie qui émane d'un corps et  la présence dans un corps vivant et vibrant, un corps 'habité par l'énergie' qui se manifeste dans son entier, dans le ici-maintenant.

Et j'ai été de ceux et celles qui  ont entendu les premières notes à peine audibles et qui dans un abandon total ont dansé avec fougue.  Martin la qualité d'écoute et, aussi, la 'qualité de la présence' étaient à leur paroxysme.  Une expérience individuelle et collective. Un.  Ensemble.

La profondeur de ce que j'ai vécu ce soir-là relève du domaine de l'exceptionnel dans une vie.

Cela m'a réveillée et brassée.  Il est remonté à ma mémoire cellulaire qu'il n'en tient pourtant qu'à Soi, qu'à moi, de me centrer et de vivre intensément cette 'présence' au quotidien, à chaque instant.  Je l'avais oublié...  Je m'étais oubliée ou perdue dans le temps ?  La 'présence' toujours présente n'attendait que mon réveil...

Merci Martin pour ton témoignage.  Il ravive en mon cœur le feu de la magie d'une soirée charnière de ma vie.

Merci aussi de partager, de diffuser cet ultime message de la vie, d'une vie vécue : "retrouver l’énergie vitale qui permet de  se brancher sur nos émotions afin de les véhiculer sans peur, sans retenue."

Pour en savoir plus sur Pol Pelletier

MISE À JOUR #2:

Pour en savoir encore plus sur Pol Pelletier

Voici deux vidéos de Pol Pelletier tirés d’une entrevue à l’émission Cabine C de Christiane Charrette.

mercredi 7 janvier 2009

Une fin de session sous le signe de l’intensité

La fin de session musicale que j’ai passé en 2008 a atteint son apogée avec le fabuleux spectacle des étudiants qui, pour la première fois, a déménagé dans l’auditorium du Cégep Maisonneuve, faute de place dans les locaux très exigus de l’école. Encore une fois, j’ai été témoin de la formidable vague de créativité qui s’est emparée des groupes dont le talent m’a littéralement renversé. Par contre, la préparation des différents shows a été des plus éprouvantes.

La longue marche vers la scène

Depuis le début du mois de novembre dernier, j’ai contribué à l’élaboration des différents numéros avec mes profs et collègues. Dans pas moins de six groupes en plus. À des degrés divers d’implication, je me suis imposé un véritable défi de patience, de mémorisation, d’exécution et de créativité. Après coup, je peux dire que je ne referais pas la même chose à l’avenir. La dose de travail a été des plus colossales et éprouvantes et fort heureusement, je m’estime très chanceux que le tout se soit déroulé sans le moindre anicroche.

Semaine après semaine, il fallait explorer les idées émises par le groupe, tester des solutions, remodeler les idées de base, les adapter, les rendre simples et accessibles pour tous. Il faut un doigté et une rigueur assez aiguisés pour ce genre de discipline, car très vite, le plaisir peut être effacé par une pression malsaine qui s’installe bien malgré nous. Tout compte fait, j’ai bien aimé l’expérience où il fallait «mener le bateau à bon port.» L’élément clé dans ce genre de préparation demeure selon moi la confiance. Il faut savoir se donner confiance, et transmettre cette confiance aux différents groupes, sinon, il devient vite utopique de pouvoir présenter un numéro où la musique et l’énergie sont au rendez-vous.

Un pas à la fois,  chaque groupe est arrivé à parcourir le chemin qui les a mené vers la scène où ils ont livré une performance digne de mention.

Un tourbillon avant le spectacle

Je me souviendrai longtemps du tourbillon incessant avant le grand moment le 7 décembre dernier.  Étant aux prises avec un gros rhume hivernal, je suis arrivé au cégep avec une énergie chancelante que j’ai dû rabrouer très vite puisqu’il y avait tant à faire. Déjà, ça fourmillait partout, les gens étant aux prise avec une certaine excitation que je ne pouvais pas ressentir pleinement à ce moment-là. Dans la salle de spectacle, Luc Boivin et l’équipe de production s’affairait déjà à mettre en place la grande journée de répétitions, qui s’annonçait déjà très longue. Ainsi, un à un, les groupes se sont exécutés sur scène, nous obligeant à jouer des pieds et des mains pour réussir à faire concorder nos idées de base avec les contraintes de l’endroit.

Je sentais une certain stress et une pression m’envahir sans trop savoir pourquoi. Les plans des différents numéros se bousculaient dans ma tête, si bien que vers la fin de l’après-midi, j’ai dû m’isoler afin de reprendre mes esprits et souffler un peu. Au dehors de la salle, le public commençait à s’attrouper, et je ne me souviens plus trop des derniers instants avant le spectacle puisque je ne contrôlais plus vraiment tout ce qui se passait à ce moment-là. J’ai été quand même en mesure de pouvoir arrêter cette étrange vague, focusant sur le plaisir et la chance de pouvoir faire un tel spectacle.

Le lever du rideau

En entendant Sadio jouer ses premières notes de kora, le stress a complètement disparu pour laisser place à une adrénaline drôlement plus agréable à supporter. En plaçant les instruments, et en laissant la place au groupe des enfants dirigé par mon ami Éric, j’étais enfin prêt à vivre une autre soirée haute en émotion.

Le groupe des débutants 1 a vraiment livré une performance inspirée et ce fut un véritable plaisir que de les voir jouer avec autant de plaisir et de passion. Plus de 80 personnes étaient sur la scène à ce moment-là. Étant situé complètement derrière eux sur une plate-forme, j’avais une vue splendide sur la salle et le groupe. Les djembés se sont mêlés à la calebasse et aux impros vocales endiablées de mes deux amis Sadio et Michaël.

La prestation du groupe des débutants 2  a vraiment eu un effet incroyable sur la foule puisque pour la toute première fois, nous expérimentions l’ajout de cuivres dans le spectacle, ce qui fut vraiment génial. J’avais une certaine appréhension de ce spectacle puisque le défi technique était assez corsé, mais ce fut vraiment à la hauteur et j’en conserve un excellent souvenir.

Par la suite, j’ai pu profiter enfin d’une pause pour traverser de l’autre côté du miroir et profiter de quelques instants pour être dans la peau du spectateur. Et quel plaisir aie-je eu droit de voir le spectacle des élèves débutants 3 qui ont livré une performance digne de grands percussionnistes. Ce fut mon coup de cœur de la soirée. De l’aspect visuel à la danse, au chant et aux solos inspirés, tout y était. Franchement bravo à cette belle gang!

Après la performance de gumboots (chapeau encore pour votre énergie), je suis retourné sur scène avec les élèves des deux groupes intermédiaires. Encore là, de très bons moments passés avec eux, spécialement avec le groupe des Intermédiaires 2 qui a été le premier véritable groupe auquel j’ai eu la chance d’enseigner. Leur progression fulgurante et leur talent ont si bien transparu dans leur prestation du Sorsornet que c’est à ce moment précis que je me suis dit que tous ces efforts et toute cette pression ressentie durant les semaines précédentes en valaient amplement la peine.

Cette soirée endiablée a atteint son point culminant avec le spectacle de mon groupe, les Avancés, dirigé par Mélissa Lavergne. J’ai eu un plaisir fou de pouvoir jouer avec elle sur scène, et avec notre groupe, nous avons épaté la galerie avec un Fankani du tonnerre. Solos, cassés, dununs, tout y était. Puis, en guise de conclusion, avec le groupe spectacle, nous avons conclu avec une fichue belle prestation du Sofa, du Soko et du Soli.

En revenant chez moi ce soir-là, complètement exténué par une soirée électrisante, je me suis dit que l’intensité de cette soirée a contribué grandement à faire en sorte que la réalité dépasse parfois la fiction.

Un gros merci du fond du coeur à tout ceux et celles qui ont fait de cette soirée un succès!

P.S.: Cliquez sur les liens pour voir les différents vidéos des performances!

jeudi 9 octobre 2008

Entrevue avec Billy Konaté et Taafé Fanga

Voici l’entrevue qu’a réalisé Cynthia Morneau de CHOQ FM, la radio étudiante de l’UQAM, avec le maître percussionniste Billy Konaté et Olivier et Benjamin Landry du groupe Taafé Fanga. Leur passage à la radio est dans le but de promouvoir le super week-end de percussions africaines où il y aura les ateliers de Billy Konaté donnés samedi, dimanche et lundi après-midi, ainsi que le grand spectacle de Taafé Fanga avec Billy Konaté le dimanche soir. Bonne écoute!

dimanche 28 septembre 2008

Un été percutant à souhait!

Je suis enfin de retour sur mon blogue après un long mois d’absence! J’ai en effet décidé de partir en voyage en Europe pour trois semaines après le dépôt de mon mémoire de maîtrise. Je me devais de faire le vide pour recharger mes batteries. Je reviens donc en forme, prêt à vivre de nouvelles péripéties, et surtout, je vous réserve plein de nouveau contenu sur mon site dédié au djembé.

J’ai vécu beaucoup d’événements spéciaux cet été, et avec le recul, je suis vraiment super choyé d’avoir pu vivre autant de belles expériences musicales. J’aimerais donc vous faire part du bilan de mon été 2008 en guise de premier article. Disons que ce dernier a commencé sur les chapeaux de roues avec l’inoubliable performance sur la grande scène du Parc Maisonneuve lors de la Saint-Jean. Une semaine plus tard, soit le 2 juillet dernier, je remontais une nouvelle fois sur scène, mais cette fois-ci sur la grande scène GM du Festival de Jazz. Le but: animer plus de 20 000 personnes en compagnie d’une trentaine de mes amis musiciens percussionnistes de Samajam afin de faire vivre au public le plus grand jam de leur vie.

Une expérience carrément électrisante qui nous en a dit long sur la très grande popularité de ce festival, qui est le plus grand événement musical de jazz de la planète. Une température magnifique, la Place-des-Arts était remplie à pleine capacité. Tout un spectacle!!

Comme si ce n’était pas assez, le lendemain, je m’en allais direction Drummondville pour le Mondial des Cultures où, avec Mélissa Lavergne, nous avons joué pour l’ouverture du Mondial. Une formidable expérience encore une fois, surtout par la très grande diversité culturelle présente sur place. Plus d’une dizaine de pays étaient invités pour démontrer aux Québécois leur grand savoir-faire dans la danse. Costumes traditionnels, chants et musique accompagnaient les danseurs. J’en ai encore des souvenirs remplis de couleurs et de langues.

En plus de jouer sur scène avec Mélissa, j’avais comme mandat d’escorter sur scène chaque pays invité lors de la cérémonie d’ouverture avec mon djembé. À chaque fois, un barrage de caméras et de flashs immortalisaient notre musique sur pellicule, et l’instant de quelques secondes, je me retrouvais au coeur d’un tourbillon médiatique. La soirée était magique, le ciel ayant déversé durant toute la journée une pluie fine mais dès la tombée du jour, les étoiles se sont mises à scintiller et garantir une ambiance parfaite pour le spectacle.

Quelques jours plus tard, j’étais à Samajam pour la journée estivale de portes ouvertes où encore une fois, nous avons tous vécu des moments très intenses d’émotions en musique! C’était pour moi une véritable libération que de pouvoir profiter de ce moment avant de plonger dans une période intense, soit la préparation de soutenance de ma maîtrise.

À travers les chaudes journées estivales plutôt sous le signe de la grisaille et de la pluie, un autre gros événement s’est pointé à l’horizon, le festival Juste pour Rire. Cette année, une très grosse commande, et un très beau défi, m’était offert. Tout d’abord, j’ai eu deux pratiques pour le spectacle de percussions d’ouverture du festival où, sous la gouverne de Patrick Dugas, nous devions jouer des cajòns, des tubes musicaux, du djembé et des doum-doum, en plus d’un numéro de gumboots. Un concept éclaté sur le thème des quatres saisons. Malgré la courte préparation et une scène qui était tout sauf à quoi nous nous attendions, nous avons livré une prestation inspirée et bien spéciale.

En plus de l’ouverture, je devais être en charge tout au long du festival d’un groupe de personnes qui devaient clôturer le grand défilé de fermeture, le grand Charivarir. Parmi eux, des gens qui n’avaient jamais pris part à un tel événement, et qui n’avaient jamais joué de djembé de leur vie. Gros contrat. Mais, ce fut une de mes plus belles prestations de groupe, même si toute la semaine, plusieurs embûches sont venues nous mettre des bâtons dans les roues. Tous ont joué avec coeur et énergie, ce fut une autre soirée exceptionnelle.

Le mois d’août est arrivé avec (enfin!) une période de repos et de pause musicale, de rencontres entres amis, et surtout, d’un petit voyage en Europe le temps de dire bonjour à ma soeur et de pouvoir souligner le début d’un nouveau départ, d’une nouvelle année musicale…

La Fête nationale, le Festival de Jazz, le Mondial des Cultures, et le Festival Juste pour Rire…Wow! J’ai de la misère à croire qu’en l’espace de deux mois, j’ai pu participer à tous ces grands événements!! Et je ne pense pas que l’automne sera plus reposant…

On repart de plus belle!

mardi 23 septembre 2008

Le retour de Billy Nankouma Konaté à Montréal

Je viens d’apprendre que le maître percussionniste Billy Nankouma Konaté, fils du légendaire djembéfola Famoudou Konaté, sera à Montréal du 11 au 13 octobre prochain. Tout comme l’an dernier, il enseignera les rythmes du mandingue lors d’une série de trois ateliers. Ces ateliers auront lieu à l’Alizé de 13h00 à 17h30 le 11, 12 et 13 octobre.

En plus de ces ateliers, ce très grand percussionniste sera en spectacle avec l’excellente formation Taafé Fanga le dimanche 12 octobre à 20h30 au même endroit. Les billets sont en vente au coût de 12$ à la porte. Ne manquez pas cette chance unique de voir un des plus grands joueurs de djembé de sa génération!

Pour connaître les détails et comment s’inscrire, consultez le site www.djembe.ca.

Pour en savoir plus sur Billy Nankouma Konaté, allez écouter l’entrevue disponible sur mon blogue.

Photo tirée du site djembe.ca

dimanche 3 août 2008

Le soleil du Mali nommé Amadou et Mariam

Vendredi dernier, j'étais placé en toute première rangée pour le spectacle du duo malien Amadou et Mariam, qui était de retour à Montréal après deux ans d'absence dans le cadre des Francofolies au Métropolis. La dernière fois, je les avais vu du balcon, mais cette fois-ci, je ne voulais pas pour rien au monde rater l'occasion de les voir de proche. Et ciel que je n'ai pas été déçu !!

Pour les lecteurs qui ne sont pas familiers avec eux, Amadou et Mariam sont considérés aujourd'hui comme étant les deux plus grandes stars d'Afrique. Couple dans la vie comme sur scène, ils parcourent le monde entier dans le but de faire danser, chanter et rassembler tous ceux et celles qui sont venus les voir. Leur musique festive, mêlant les racines africaines au rock et au blues, est impossible à entendre sans bouger et danser. Leur dernier album, Un dimanche à Bamako, réalisé par nul autre que Manu Chao, leur a procuré un succès planétaire. Mais, ce qui est tellement beau chez ce duo, c'est l'incroyable énergie qu'ils dégagent sur scène, et leur authenticité. On arrive à oublier qu'ils sont tous deux aveugles...

J'arrive donc au Métropolis assez tôt pour être parmi les premiers en file. Dès l'ouverture des portes, j'entre dans la salle et je prends plaisir à scruter des yeux la grande scène où, dans quelques minutes, la musique d'Afrique prendra naissance. Au devant, il y a une petite batterie côté jardin, ainsi qu'une basse et une magnifique guitare Godin juchées sur leur trépied côté cour. Ces instruments serviront pour la première partie du spectacle, soit le groupe du chanteur Daby Touré, Mauritanien d'origine vivant à Paris. Derrière, un drap noir laisse deviner les claviers et l'immense batterie qui serviront à mettre le feu au Métropolis plus tard.

Les minutes passent, le parterre devient vite rempli, et je prends plaisir, collé sur la scène, à jaser avec une dame qui vient du Mali, et qui ne voulait pour rien au monde rater l'occasion de voir ses deux idoles de proche dans son nouveau pays d'adoption. C'est ce qui est magnifique avec ce genre de spectacle. Autour de moi, il y a bien entendu des Québécois, mais aussi des Français, des Anglais, des Asiatiques, des Africains...Ce soir, tout le monde est de la même couleur.

Sans trop m'en rendre compte, il est maintenant passé 21h et les lumières faiblissent enfin. La foule lance un cri d'enthousiaste, et Daby Touré arrive seul sur scène avec sa guitare Godin. Sa voix est magnifique, chaude et très aiguë, et sa musique est très belle, alliant le folk au reggae. Entouré ensuite par son bassiste et batteur, ils réussissent en l'espace de deux chansons à faire rugir la foule de plaisir, surtout par l'incroyable passe de percussions où Touré s'amuse à taper sa guitare et les cordes. Un artiste à surveiller, et j'espère qu'il reviendra une prochaine fois en tant que tête d'affiche !

Je dois encore patienter après cette première prestation car bien entendu, il faut enlever de la scène les instruments devenus superflus. Je vois fourmiller toute l'équipe de techniciens d'Amadou et Mariam qui testent chacun des instruments. Et c'est à ce moment que je ressens un frisson d'excitation lorsque je vois apparaître devant moi le carillon, les deux bongos montés sur leur support, et le magnifique djembé malien sculpté muni de sa courroie. Je suis posté tout juste en face du percussionniste! Oh yeah!

L'ultime test de son ayant pris fin, le technicien fait un signe de sa lampe de poche aux technicien de son et à l'éclairagiste...Les lumières baissent enfin, les musiciens prennent place, la foule est en délire! Et le spectacle commence enfin...C'est aux premières notes de La fête au village qu'Amadou et Mariam, escorté par leur technicien, entrent en scène. C'est un formidable moment d'émotion et d'excitation que de les voir si proches, en chair et en os, rayonnants dans leur magnifique boubou rouge.

À la suite de cette magnifique chanson, la soirée démarre sur les chapeaux de roues avec leurs grands succès de leur dernier album. Le spectacle est grosso modo semblable à celui de la dernière fois, et les musiciens sont époustouflants,  le percussionniste surtout (oui je sais je suis vendu d'avance)! Lors de ses solos, je suis posté tout juste devant lui et il esquisse un grand sourire à la réaction de la foule, conquise. Il se dégage tellement d'énergie sur scène, et lorsque je me retourne pour voir que tout le monde danse et chante, je me dis qu'il n'y a pas un seul groupe au monde qui est capable d'en donner autant.

Les moments forts de la soirée ont été sans nul doute lorsqu'ils ont chanté Un dimanche à Bamako où la foule a chanté à l'unisson, et lorsque Mariam a chanté La Paix, formidable moment de coeur et qui envoit un message puissant et festif en même temps.

Comme toute bonne chose a une fin, le spectacle a pris fin avec une formidable démonstration musicale par les musiciens, surtout lorsque le percussionniste, en feu avec son djembé, s'est avancer vers nous et s'est penché pour nous balancer son solo en pleine figure...C'était l'apothéose!

Cette soirée musicale, parfaite en soi, m'a procuré des moments de bonheur et de plaisir. Voir et entendre Amadou et Mariam, c'est un formidable remède pour le coeur et pour la tête.

Liens intéressants:

lundi 14 juillet 2008

La puissance du bleu et du blanc

Mardi soir, 24 juin, à la clôture du grand spectacle de la Saint-Jean au parc Maisonneuve, j'ai eu la chance de vivre un véritable raz-de-marée d'adrénaline en marchant sur les planches de la grande scène, aux côtés d'une pléiade d'artistes et de musiciens parmi les plus grands au Québec, pour célébrer notre fête devant 200 000 personnes. Une incroyable émotion que je vais tenter de vous décrire dans les lignes qui suivent, autant m'est-il possible d'arriver à mettre en mots ce qui est presque trop surréaliste pour y arriver.

C'est par une journée contenant du soleil et de gros nuages mouillés que j'arrive à l'école pour le grand rassemblement. Une grande fébrilité est palpable tout autour...La météo est cependant assez capricieuse, un gros nuage gris déversant son averse sur nous sans trop se soucier du fait que l'esprit est à la fête. Mais, très vite, l'averse se dissipe dès que nous entamons un grand jam de tambours dans le local, si bien que c'est sous un soleil radieux que nous marchons tous en direction du parc Maisonneuve pour la grande répétition.
Arrivés à notre tente deux fois trop petite pour la quantité de gens que nous sommes, nous prenons le temps de profiter de l'arrivée de la grande parade de la Saint-Jean qui passe non loin de là. Puis, je vais scruter pour la première fois l'immense scène qui, dans quelques heures maintenant à peine, vibrera au son de la musique québécoise. Mais en ce moment, c'est la générale qui se déroule, et des dizaines de techniciens s'affairent à régler au quart de tour une machine qui doit être huilée avant 21h ce soir.

Le temps file et l'appel est lancé pour notre répétition. La metteure en scène du spectacle vient nous saluer et donne ses directives. Et c'est ensuite le branle-bas de combat pour retrouver nos instruments, les installer, et reprendre le numéro du début. Puis, les régisseures viennent nous chercher, et c'est subdivisé en quatre groupes que nous marchons vers l'arrière-scène, où j'entends Normand Brathwaite et les musiciens répéter les divers numéros du spectacle.

Normalement, la répétition s'effectue sans public, mais cette fois-ci, la générale est somme toute assez concluante puisque déjà, plusieurs centaines de personnes munies de leur fleurdelisé sont massées le long des clôtures. Je suis situé côté cour de la scène au pied de la rampe localisée au devant. Devant moi se trouve une structure très imposante où des dizaines de techniciens de sons, caméramans et musiciens sont présents. Normand est en train de discuter avec la régisseure du plateau, Diane, de l'émission «Tout le monde en parle». Je suis toujours fasciné par cette personne-clé qu'est le régisseur. D'un calme olympien et d'une rigueur sans faille, elle arrive à décortiquer chaque numéro, à tout observer, à chronométrer chaque numéro et à relayer toute l'information requise au réalisateur pour la télé. Du très grand art.

Après avoir été aux premières loges pour la répétition du numéro de la "Bitte à Tibi" avec Raoul Duguay, il y a une petite pause le temps de faire les tests de sons avec les djembés des solistes et la kora de Zal Idrissa Sissoko. Puis, Luc lance «dans le tapis» l'enregistrement effectué quelques jours auparavant à l'école. C'est vraiment super impressionnant d'entendre le son de nos tambours dans des colonnes de son de plusieurs centaines de milliers de watt...La régisseure lance ensuite le décompte, et la metteure en scène nous fait rapidement signe de nous mettre en place. Je sens une légère tension au sein de cette grande équipe, car ils sont en retard sur l'horaire. Mais, dès que la musique part, et que Musa entre sur scène pour chanter, j'oublie tout cela aussitôt, car la puissance et la beauté de la musique est telle que je suis vraiment sidéré par l'effet.

Je dois vite sortir de ma rêverie, puisque c'est au signal du deuxième refrain que nous entrons sur la grande scène. Dès que je mets les pieds sur la plate-forme, je sens déjà mon coeur battre à tout rompre. Le parterre est certes clairsemé, mais c'est déjà hyper impressionnant. Le parc est immense et je n'en vois même pas le bout. J'en perds même la mise en scène, et je me fais vite reprendre par la metteure en scène qui me crie de m'aligner vers le chanteur, en diagonale...Malgré tout, la musique "live" sonne bien, même si les premières notes sonnent un peu trop rapidement avec la piste enregistrée. C'est au niveau du pas visuel que le tout cloche un peu, si bien qu'il faudra songer à éliminer ou simplifier la chose.

Nous ressortons de scène et personnellement, je trouve que nous avons livré la marchandise puisque lors de certaines expériences de spectacle, je peux vous dire que ça faisait pitié les répétitions...Le reste de l'après-midi nous réserve une panoplie de conditions météo, à commencer par une très intense averse qui mouille tout le site pendant une bonne demi-heure, nous obligeant à nous corder comme des sardines dans une tente de trente personnes alors que nous en sommes le double. Par contre, dès que le soleil revient, je vais admirer le site à partir de la section VIP située non loin de la scène, et je profite du moment privilégié que j'ai avec mes amis pour savourer une bonne bière.

Le temps file, les spectateurs s'amoncellent autour du site, et bientôt, le vert du parc Maisonneuve disparaît au profit d'un manteau de bleu et de blanc qui vibre au son de la musique de Caféine et de Loco Locass. Le temps est splendide pour le début du spectacle et comme à chaque fois, je ressens une intense sensation de bien-être. Le site se transforme peu à peu, et lorsque je vais me diriger vers la cantine pour aller manger, les rayons de soleil font ressortir le bleu et le blanc des drapeaux, créant ainsi un spectacle grandiose et annonciateur d'une soirée incroyable.

Le spectacle débute enfin tandis que nous sommes attroupés en cercle avec nos tambours, nous adonnant à un jam improvisé avec nul autre que Michel Séguin père, qui passait par hasard, son oreille automatiquement attirée par les sons des djembés. Un bien beau moment passé en sa compagnie, où les minutes s'égrènent dans le temps de le dire, et je réussi presqu'à oublier où je suis, et surtout, que dans quelques minutes, je serai au-devant de la plus grande scène de la province au grand complet...Comme quoi tout est relatif...

Le grand moment arrive enfin! Je rejoins mon groupe, et je sens une vague d'émotion m'envahir. Ce que je m'apprête à vivre dans quelques minutes va lancer en (très) grande pompe mon été. J'entends de l'autre côté des écrans géants la foule qui crie, qui vibre, véritable manifestation de joie et de vie en cette grande fête du Québec. Les trois groupes se séparent derrière la scène et je me retrouve avec mon partenaire de travail, Éric, tout juste sur le côté de l'immense structure d'acier du côté cour de la scène. En file indienne, nous nous plaçons au pied de la rampe qui mène sur scène, là où plus de deux cent milles paires d'yeux sont focusés.

Devant moi, il y a Normand Brathwaite et Raoul Duguay, véritable icône de la musique québécoise, qui chante son hymne célèbre, La Bitte à Tibi, scandée par l'imposante foule qui hurle "la Liberté". C'est immensément puissant comme moment, car il faut mentionner que je ne suis qu'à quelques mètres de la tour d'haut-parleurs. Autour de moi grouillent de toute part des caméramans et leur technicien, et je dois faire attention où je dois mettre les pieds. Après avoir fait lever la foule une dernière fois, Raoul Duguay salue et retourne en coulisse pendant que Normand se dirige sur une plate-forme pour introduire le numéro clé de la soirée, le clou du spectacle.

Lorsque les premières notes de la pièce sortent des tours de son, et que Musa, vêtu de son boubou, et accompagné par Zal Sissoko et sa kora, se met à chanter "Le Québec est mon pays", je suis submergé par une vague d'émotion qui est partagé par tout le monde autour de moi. C'est absolument grandiose. Le ciel est clairsemé d'étoiles, la mer de drapeaux s'agite, la foule est vibrante d'une énergie qui n'a pas son semblable. Et en jetant un oeil sur la metteure en scène de ce grand spectacle qui est juste à côté de moi, je constate que pour la première fois, elle peut délaisser son chapeau de metteure en scène pour vivre ce grand moment. Elle nous fait ensuite signe et, peu à peu, je me surprends à monter la rampe, un pas à la fois, en sentant à chaque contact sur le sol l'adrénaline qui envahit mon coeur et mes veines.

Sans trop comprendre ce qui est en train de m'arriver, je me retrouve tout juste derrière Musa et Zal, et je reconnais aussi Mélissa et son djembé qui est venue les rejoindre. C'est complètement surréaliste de me trouver sur la même scène qu'elle, et pas la moindre en plus. J'aperçois mes ami(e)s qui sortent des coulisses et qui, comme moi, ont un sourire béat dans le visage. Puis, je me retourne pour constater ce qui se trouve devant moi. Un flou total se trouve devant mes yeux, un énorme projecteur m'aveuglant. Je ne vois à peine que quelques drapeaux s'agiter devant moi, mais je sens l'énergie incroyable de cette époustouflante masse humaine pénétrer jusque dans la moëlle de mon squelette. Jamais je n'ai vécu un moment aussi intense de toute ma vie.

Dans un geste quasi automatique, je me mets à jouer du timbaù, exactement comme lorsque j'étais dans le local de pratique avec du ruban gommé qui imitait les contours de la scène. Sauf que là, c'est plus vrai que nature. Au refrain de la chanson, je me retourne pour constater que tous les artistes du spectacle, les Zachary Richard, Alfa Rococo, France d'Amour, Loco Locass, Xavier Caféine, et l'orchestre de Belle et Bum, chante "le Québec est mon pays". Avec ce vent sonore en poupe, l'effet est électrisant, et le moment se termine en apothéose à la fin de la chanson.

Je redescends la rampe en scrutant une dernière fois devant moi pour m'imprégner au maximum de cette énergie incroyable. Puis, de retour en coulisse, c'est la cohue générale. Tout le monde est littéralement sonné par ce qu'il vient de vivre. Nous sommes extrêmement choyés de pouvoir vivre de tels moments de musique. Et plus de trois semaines plus tard, je n'en reviens pas encore d'avoir eu l'impression, l'instant de quelques secondes, d'avoir le Québec à mes pieds.

Je termine ce témoignage avec le vidéo tel que diffusé ce soir-là à Radio-Canada. Bon visionnement!

mardi 1 juillet 2008

Shows devant!

L'été est là, les vacances approchent, et c'est synonyme de spectacles en vue pour moi! Après la Saint-Jean, je serai sur scène cette semaine dans deux festivals parmi les plus populaires au Québec!

Tout d'abord, demain, mercredi 2 juillet, à 18h, je serai au Festival International de Jazz de Montréal, sur la grande scène GM au coin de Jeanne-Mance et Sainte-Catherine, pour animer un immense jam de percussions! En guise d'introduction à l'événement, il y aura aussi un numéro de percussions africaines avec Mélissa Lavergne, Antoine Geoffroy, Kattam, Pat Dugas et Dominic Côté. Venez jouer avec nous, les instruments seront fournis!

Le lendemain, jeudi 3 juillet, à 20h30, je serai à Drummondville avec Mélissa Lavergne et une trentaine de percussionnistes pour l'ouverture du Mondial des Cultures. Une très grande cérémonie accueillant tous les artistes venus d'une vingtaine de pays. Au menu, percussions africaines et brésiliennes!

Parallèlement à ces deux spectacles, je vous convie ce soir, à 23h59, au Savoy du Métropolis dans le cadre du Festival de Jazz pour voir et entendre l'excellent groupe électro africain Africana Soul Sisters qui seront en prestation pour la première fois à ce grand événement! Il y aura deux invités spéciaux, soit Kattam et Gotta Lago!

Parlant de Gotta, il sera finalement lui-même en prestation au bar Les Bobards, ce jeudi 3 juillet, à compter de 21h30, avec son band, pour une autre soirée reggae africaine des plus endiablées!

P.S.: Voici un peu pourquoi je ne publie pas souvent d'articles sur mon blogue ces temps-ci. Avec autant de bons shows, je suis rarement assis devant mon écran! Mais, je vous réserve le récit de l'extraordinaire soirée de Saint-Jean Baptiste pour très bientôt!

lundi 23 juin 2008

Une Saint-Jean bien spéciale...

Je n'ai pas vraiment eu le temps de mettre à jour mon blogue ces temps-ci, car je suis passablement occupé. J'ai eu deux pratiques ce week-end car demain, je m'apprête à vivre un autre trip musical très intense. Je foulerai la scène du parc Maisonneuve, sur le coup de minuit, pour la grande finale du spectacle de la Saint-Jean Baptiste (fête nationale du Québec). Une finale devant une foule estimée à plus de 100 000 personnes! Ce sera incroyable!!

Nous avons répété deux fois ce week-end, et notre chef d'orchestre Luc Boivin nous a concocté une partition de percussions vraiment géniale. Attendez-vous à en voir de tous les styles avec du djembé, des surdòs brésiliens, des shekere, et des timbaù. Nous serons une soixantaine à être sur scène! Avec qui et sur quelle musique? Je vous laisse la surprise!

C'est donc un rendez-vous sur place, au parc Maisonneuve, à compter de 21h demain (mardi) soir ou en direct à la télé de Radio-Canada, à compter de 21h30. Mais, notre prestation sera diffusée très tard, vers minuit. Ajustez vos appareils!

Bonne Saint-Jean!

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